ANNEE DE LA FOI 2012-2013 – Paroisse St Thomas Apôtre – Bulletin n° 8 – Concile Vatican II


ANNEE DE LA FOI 2012-2013

Paroisse Saint Thomas Apôtre

Bulletin d’information n° 8
Dimanche 17 mars 2013

 

CONCILE VATICAN  II

 

Le Concile Œcuménique Vatican II, lancé à l’initiative du Pape Jean XXIII, a duré de 1962 à 1965. Il est né d’un désir personnel du Pape, élu en 1958 : annoncer l’Evangile à un monde nouveau ; on parle d’aggiornamento, qui en italien signifie « mise à jour ». Il s’agit de faire profiter des richesses de l’Evangile à un monde marqué par la modernité. Jean XXIII attendait surtout de l’Eglise qu’elle se mette à jour au niveau des rapports qu’elle entretient avec le monde.

Considéré comme l’événement le plus marquant du XXe siècle pour l’Eglise catholique, le concile fut ouvert le 11 octobre 1962 sous le pontificat de Jean XXIII et s’est terminé le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI. Pas moins de 2 900 pères conciliaires furent convoqués à l’occasion. 

 

Qu’est-ce qu’un concile œcuménique ?

Un concile œcuménique est un rassemblement des évêques de l’Eglise catholique. Ils sont convoqués en assemblée par le Souverain Pontife. Les conciles sont dits œcuméniques, c’est-à-dire universels : ils réunissent en effet tous les évêques catholiques du monde. A ce jour, l’Eglise a connu 21 conciles, dont les plus récents sont le Concile de Trente (1545-1563), le Concile Vatican I (1869-1870) et enfin le Concile Vatican II (1962-1965), où pour la première fois les Eglises d’Orient ont pris part aux travaux conciliaires. « On désigne par « concile », l’assemblée des représentants légitimes de l’Église, réunis au niveau régional (concile locale) ou universel (concile œcuménique) pour délibérer et statuer, dans un souci d’unité, en matière de foi, de pratique chrétienne et d’organisation ecclésiastique », pouvons-nous lire dans le Dictionnaire Critique de Théologie dirigé par J.-Y. Lacoste.


Pourquoi un Concile Vatican II ?

La raison est en apparence simple : que des changements dans la vie des hommes depuis 1870 et le Concile Vatican I ! La convocation d’un concile naît très souvent de la volonté de préserver l’unité de l’Église face aux crises théologiques et disciplinaires qu’elle traverse, comme le fut par exemple le Concile de Trente lors de l’émergence du protestantisme.

Le nouveau concile sera affronté à une tâche extrêmement délicate : il ne s’agit non pas, comme au Concile de Trente et même à Vatican I, de condamner des erreurs, mais de « promouvoir le développement de la foi catholique, le renouveau moral de la vie des fidèles, l’adaptation de la discipline ecclésiastique aux besoins et aux méthodes de notre temps », comme l’a dit Jean XXIII dans une encyclique préparant le concile. Il ose même dire : « Autre chose est la doctrine, autre chose est l’expression de cette doctrine qui, elle, peut changer. »


Grande lignes du Concile Vatican II

Les trois objectifs du Pape Jean XXIII étaient très clairs : rapprochement avec les chrétiens non-catholiques, rénovation de l’Eglise et ouverture au monde. Il s’agit d’un triple dialogue : de l’Eglise avec elle-même, de l’Eglise avec les frères séparés ainsi que de l’Eglise avec les incroyants.

« Toute cette richesse doctrinale ne vise qu’à une chose : servir l’homme… L’idée de ce service a occupé une place centrale dans le Concile », Paul VI dans son discours de clôture du Concile, le 8 décembre 1965

Le Concile Vatican II, qui fut étalé sur quatre sessions, a au total donné lieu à la promulgation de 16 textes. Tout d’abord, 4 constitutions, dont 3 dogmatiques : Dei Verbum, qui porte sur la révélation divine ; Lumen Gentium, qui porte sur l’Eglise ; Sacrosanctum Concilium, qui porte sur la sainte liturgie ; et une constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps, dite Gaudium et Spes. S’ajoute à ces constitutions : 3 déclarations, dont une sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes, une sur la liberté religieuse et enfin, une sur l’éducation chrétienne. Enfin, s’ajoute à cette liste : 9 décrets, portant sur des sujets bien déterminés.

Il semble intéressant de se pencher sur ces 4 constitutions plus en détail :


Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen Gentium

Lumen Gentium est le texte fondamental de Vatican II. L’Église, renonçant à donner d’elle-même une définition exclusivement hiérarchique, juridique et institutionnelle, se présente comme un peuple rassemblé par Dieu, comme le peuple de Dieu.  Ce peuple, dans lequel chacun a une responsabilité et dans lequel chacun est appelé à la sainteté, tend à la rencontre avec Dieu, et il a vocation à s’étendre à tout le genre humain.


Constitution dogmatique sur la sainte liturgie Sacrosanctum concilium

C’est le texte qui a eu les conséquences les plus visibles : il appelle à la participation pleine, consciente et active de tous les fidèles à la liturgie. Dans ce but, il restaure l’usage de la langue vivante. Il remet au centre de toute liturgie la célébration de la mort et de la résurrection du Christ.


Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum

La question centrale est : comment les chrétiens peuvent-ils accéder à la vérité que Dieu révèle ? Le texte axe sa réponse sur la Bible, l’Esprit Saint et l’Église : l’Ecriture sainte contient ce que Dieu a voulu transmettre à l’homme (la révélation au sens strict s’achève avec le dernier apôtre). Grâce à l’Esprit, la Tradition de l’Église permet de puiser dans cet enseignement.


Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et Spes

C’est sans doute le texte le plus original de ce concile, et le plus révélateur d’un état d’esprit : il s’appuie sur une vision très large de l’homme et de l’univers dans lequel il vit. A partir de là, le texte a pour objectif de nouer un dialogue entre l’Église et le monde contemporain sur toutes les grandes questions à travers lesquelles se joue le sort de l’humanité : vie personnelle et sociale, culture, problèmes économiques et politiques, sauvegarde de la paix…


En ce qui concerne les Eglises orientales catholiques
, le concile Vatican II a promulgué un décret intitulé Orientalium Ecclesiarum. Le décret stipule par exemple que « resplendit en elles la tradition qui vient des Apôtres ». Ces Eglises sont en effet considérées comme des « témoins vivants de cette tradition », du fait de leur « ancienneté vénérable » dont ces Eglises « s’honorent ». Le texte appelle à l’unité de tous les chrétiens et rappelle les valeurs propres aux traditions des Églises d’Orient : « Que tous les Orientaux sachent en toute certitude qu’ils peuvent et doivent toujours garder leurs rites liturgiques légitimes et leur discipline », insiste le décret.


Ce que le concile a changé dans la liturgie

Le concile a opéré, tant en interne que dans sa relation au monde et aux autres religions, un profond bouleversement. L’une des conséquences majeures du concile se situe au niveau liturgique : tout d’abord, la « révolution » la plus visible est celle de la langue liturgique. Le concile a fait prévaloir la langue dite « du pays » au profit de la langue liturgique universelle de l’Eglise qu’est le latin. De plus, le prêtre fait davantage appel aux fidèles, qui interviennent pendant l’office. Cette réforme liturgique instituée avec Vatican II a été votée à la quasi-unanimité (2 147 voix pour, 4 contre). Fini en effet le temps où les catholiques laïcs étaient de simples « spectateurs » à l’église : ils deviennent à partir du concile de véritables « acteurs » dans la liturgie (voir constitution dogmatique Sacrosanctum concilium).

Exemples de modifications liturgiques intervenues après Vatican II :

AVANT

APRES

Autel au fond du chœur Autel à l’avant du cœur
Messe dite en latin Messe dite dans la langue du pays
Consécration eucharistique : prêtre dos aux fidèles Prêtre face aux fidèles
Chœur interdit aux fidèles par une grille Disparition de la grille
Communion eucharistique : hostie dans la bouche Debout, hostie à la main ou dans la bouche
Habits du prêtre : ornements fastueux (or, dentelles, surplus…) Aube blanche et étole de couleur différente selon les temps liturgiques


Catéchisme de l’Eglise Catholique, fruit de Vatican II

Rédigé à la suite et dans la dynamique du IIe Concile œcuménique du Vatican, le Catéchisme de l’Eglise Catholique fut promulgué le 11 octobre 1992 par le bienheureux Jean-Paul II, qui y voit un « don du Seigneur ». Le Catéchisme avait été demandé par le Synode extraordinaire de 1985, soit 20 ans après la fin de Vatican II. Pas moins de 2 865 articles le composent, répartis en 4 grandes parties (1. La profession de foi ; 2. La célébration du mystère chrétien ; 3. La vie dans le Christ ; 4. La prière dans la vie chrétienne). Il s’agit, selon Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême et membre de l’Académie française, « d’une présentation globale et organique de la foi reçue des apôtres, du mystère de la foi chrétienne en Dieu dont le cœur est le mystère du Christ professé, célébré, vécu, et inspirant la prière des croyants. » Le Pape émérite Benoît XVI n’hésite pas à parler du Catéchisme comme de « l’un des fruits les plus importants du concile Vatican II ».

 

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