Chaldéens d’Irak : pas des émigrés mais des frères

Vatican : Intention de Prière du mois de novembre

«Prions pour les Églises catholiques orientales, afin que leur tradition soit connue et estimée en tant que richesse spirituelle de toute l’Église.»

CHALDÉENS D’IRAK : PAS DES ÉMIGRÉS MAIS DES FRÈRES – On les prend pour des communautés d’émigrés, ils sont en fait simplement catholiques, mais d’un autre rite : les Chaldéens. A la fois passionné et préoccupé, P. Muhannad , curé de la Paroisse Saint-Ephrem des Chaldéens de Lyon, dominicain, explique comment son Eglise vient interpeller et enrichir l’Eglise de rite latin.


Chaldéens d’Irak : pas des émigrés mais des frères

« Souvent, les catholiques nous voient comme une Eglise d’émigrés et ne réalisent pas que nous sommes une Eglise catholique, comme eux, mais d’un autre rite. Il ne s’agit pas de nous intégrer, de nous assimiler, mais de nous accueillir avec nos racines, qui sont si anciennes.

Nous accueillir avec nos racines, si anciennes.

Nous parlons araméen, la langue du Christ, comme langue vivante, pas seulement liturgique comme le latin. Notre force, c’est la transmission de la foi dans les familles. Bien sûr, les enfants vivent ici et doivent s’adapter à l’occident. Ils parlent aussi français mais le catéchisme est dans les deux langues. Leur foi est nourrie dès l’enfance ce qui leur permet de faire le choix de devenir chrétien, plus tard. En effet, en Irak nous habitons au milieu d’autres religions et s’affirmer catholiques est vraiment un choix.

En Irak, être chrétien est un vrai choix.

Nous portons en France le témoignage que nous n’avons pas peur d’afficher notre foi. C’est tout cela que nous apportons dans l’Eglise d’ici, et non pas vraiment un art de l’icône ou du chant qui lui, n’est pas notre particularité. Le contact avec les catholiques se fait par la paroisse où nous sommes hébergés car des paroissiens, surtout des jeunes viennent peu à peu assister à nos offices.

L’enjeu est de garder vivante la tradition.

Mon vrai problème est la dispersion dans toute la France des Irakiens chrétiens qui arrivent. C’est si difficile pour eux, ensuite, de garder leurs racines et ils ne s’intègrent pas non plus dans l’Eglise latine. Je souhaite vraiment que l’Eglise en France puisse découvrir qu’il y a d’autres Eglises catholiques, d’autres rites, et pour cela que notre tradition reste vivante.

Mariette, Equipe AP

L’Eglise Catholique Chaldéenne

Le Pape reconnaît, en 1553 le « Patriarche de Babylone des Chaldéens », « titre encore aujourd’hui du chef de la branche « chaldéenne », majoritaire, de cette Eglise originelle « d’Orient ». « Puis en 1830, la communion entre Rome et l’Eglise chaldéenne est définitivement acquise. Le patriarche siège à Bagdad et le dernier en date est Emmanuel III Dely, élu en 2003. Il dirige 11 éparchies en Irak et 17 en diaspora. Majoritaire en Irak, cette Eglise a des communautés dans le reste du Moyen-Orient. L’Eglise chaldéenne est de rite syriaque oriental et compte plus de 370 000 fidèles. »  

« Chrétiens d’Orient » Et s’ils disparaissaient ? Les Cahiers d’Orient sous la direction d’Antoine Sfeir – Editions Bayard – Avril 2009 extraits p. 17-18.

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