L’Église chaldéenne évoque le cas des prêtres partis d’Irak

Synode Chaldéen 2015
L’Église chaldéenne évoque le cas des prêtres partis d’Irak

 

 

Réunis en synode extraordinaire le samedi 7 février, les évêques de l’Église chaldéenne ont évoqué le cas des prêtres ayant quitté l’Irak sans autorisation.
Ils ont également confirmé leur volonté de créer une « Ligue chaldéenne » et fixé au « premier vendredi après Pâques » les commémorations du génocide assyro-chaldéen.
Au lendemain de l’ordination des deux nouveaux évêques chaldéens – Emmanuel Shalita, pour le diocèse du Canada, et Basileus Yaldo, auxiliaire du patriarche –, « les pères de l’Église chaldéenne ont tenu leur Synode extraordinaire sous la présidence de Sa Béatitude Louis Raphael Ier Sako, au siège du Patriarcat à al-Mansour à Bagdad le samedi 7 février 2015 », indique un communiqué de presse.
Ce synode extraordinaire était notamment consacré à l’examen de la situation de quatorze prêtres et moines qui ont quitté l’Irak ces dernières années sans autorisation de leur évêque ou de leur supérieur, et accueillis par le diocèse chaldéen de Saint-Pierre à San Diego aux États-Unis. Fin octobre, le patriarche Sako leur avait donné un mois pour rentrer en Irak, suscitant l’ire de la communauté chaldéenne locale, l’accusant de mener ces prêtres « à l’abattoir »…
Pas de menaces contre ces prêtres en particulier
« Douze étaient partis depuis plusieurs années, la plupart pendant le Patriarcat de mon prédécesseur, mais deux sont partis plus récemment », indique Louis Sako dans le livre d’entretiens qu’il a accordés à Laurence Desjoyaux (« Ne nous oubliez pas ! », Bayard Éditions, 2015). « C’est égoïste ! Les prêtres qui se sont enfuis ont trouvé des excuses pour obtenir l’asile à l’étranger. Ils ont dit qu’ils étaient menacés. Mais ce n’est pas vrai. Il n’y a pas de menaces contre ces prêtres en particuliers. Et s’ils risquent une mort certaine en rentrant en Irak, pourquoi sommes-nous encore en vie, nous qui y vivons ? Leur départ encourage les autres à partir ».
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« Les Pères du Synode ont considéré ce qui s’est passé au diocèse chaldéen Saint-Pierre à San Diego à l’ouest des États-Unis. Ils ont exprimé leur profond regret pour la non-collaboration et l’absence de réponse de son évêque Sarhad Jammu, de l’évêque Bawai Soro, et de certains des prêtres, à l’égard des exigences des canons ecclésiastiques et des appels du Patriarcat, afin de promouvoir l’unité et la communion », indique le communiqué.
Priorité à la sagesse et à l’amour
Ils appellent également « les fidèles de ce diocèse Saint-Pierre à s’en tenir aux principes fondamentaux de leur foi, et à être fidèles à leur Église chaldéenne, ainsi qu’à donner la priorité à la sagesse et à l’amour ».
Les pères synodaux ont également exprimé « leur douleur » à propos du cas de Mgr Saad Sirop, qui a présenté sa démission comme doyen de la faculté de théologie – le « Babel College » à Erbil (Kurdistan irakien) –, « demandé une année sabbatique et voyagé sans attendre la réponse, n’assistant même pas à l’ordination de ses deux frères ». Ils ont nommé le P. Samer Soricho (religieux antonin) comme doyen de la faculté par intérim.
Allouer des fonds
Concernant les 130 000 chrétiens chassés de Mossoul et de la plaine de Ninive par l’État islamique et dont l’exil au Kurdistan irakien s’éternise dans des conditions précaires, les Pères du Synode ont tenu à leur exprimer leur solidarité.
Remerciant ceux qui les ont aidés, ils appellent le gouvernement central de Bagdad et le gouvernement régional du Kurdistan d’en faire davantage et notamment à « allouer des fonds pour soutenir ces familles ». « Ils appellent aussi toutes les forces nationales et internationales à unir leurs efforts pour libérer, dès que possible, les territoires occupés ».
Enfin, le patriarche Louis Sako annonce sa volonté de relancer son projet de « Ligue Chaldéenne ». « Cette ligue sera civile et s’occupera des affaires sociales et culturelles des chaldéens » indique le communiqué.
Dans un entretien à La Croix en mars 2014, le patriarche des chaldéens, constatant l’échec et la division des partis politiques chrétiens imaginait cette « ligue chaldéenne » comme une association civile, « indépendante de l’Église mais en lien avec elle, internationale et composée de laïcs ». « Elle servirait à la fois de caisse de solidarité pour financer un puits, une école, aider les jeunes à se marier, mais aussi de porte-voix, pour faire pression sur le gouvernement, par des condamnations en cas d’attaque, des manifestations, ou tout simplement en vérifiant qu’il tient ses promesses d’embauche de chrétiens par exemple », indiquait-il.
Centenaire du génocide de 1915
Louis Sako a été chargé avec ses deux auxiliaires – Mgr Shlemoun Wardouni et Basilius Yaldo – de préparer la conférence fondatrice de cette ligue.
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Enfin, en cette année du centenaire du génocide du peuple assyro-chaldéen – qui fut surnommé « Seipho » (l’épée) en 1915 –, le Synode extraordinaire a souhaité marquer par une initiative concrète le souvenir des « martyrs et des diocèses disparus » de l’Église chaldéenne. « C’est pourquoi, nous avons décidé de désigner un jour annuel de célébration : ce sera le premier vendredi après Pâques que nous appellerons “le Vendredi des martyrs et des confesseurs de la foi” au lieu du “Vendredi des confesseurs” », indique le communiqué.

 

 

Anne-Bénédicte Hoffner

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