Journée meurtrière en Irak

Au moins 21 morts dans des attaques visant la police à Bagdad

Une série d’attaques à Bagdad visant en premier lieu la police a fait mercredi au moins 21 morts et plusieurs dizaines de blessés, suscitant la crainte d’un regain d’instabilité dans le pays avant le départ programmé des forces américaines à la fin de l’année.

Les deux attaques les plus meurtrières ont été opérées par des kamikazes qui ont fait exploser tôt mercredi des véhicules piégés devant des postes de police à Bagdad. Elles se sont produites vers 08H30 (05H30 GMT) à quelques minutes d’intervalle dans les quartiers de Hourriya au nord et de Alawiya au centre de la capitale.

Leur bilan est de 17 morts et 48 blessés, selon une source au ministère de l’Intérieur. Le ministère de la Défense avance pour sa part un bilan de 19 morts et 47 blessés.

Il s’agit des attaques les plus meurtrières dans la capitale depuis celle qui avait visé une mosquée le 28 août et fait 28 morts.

“J’ai vu le kamikaze tenter de passer les barrières mais il a fait exploser son véhicule, les murs de protection en béton se sont effondrés et je suis tombé à terre”, a déclaré Ali, un policier de Alawiya, qui a préféré taire son nom de famille.

“Entre moi et la mort, il n’y a eu qu’un mur de béton”, a-t-il ajouté, soulignant que ses collègues stationnés à l’entrée avaient été déchiquetés par la déflagration.

L’explosion a fortement endommagé le bâtiment de police ainsi qu’une école à proximité et laissé un trou de quatre mètres de diamètre et deux de profondeur dans la chaussée. Des débris humains et d’objets ont été projetés à quelque 100 mètres à la ronde autour du lieu de l’explosion, a constaté un journaliste de l’AFP.

“Le véhicule piégé contenait plus de 200 kg de matériaux explosifs” a indiqué une source au département de déminage du ministère de l’Intérieur.

La rue numéro 42, où s’est produit l’attentat, était fermée à la circulation depuis 2004 en raison des craintes d’attentats et n’avait rouvert qu’en septembre, a expliqué Mohammed al-Roubaie, un membre du conseil provincial de Bagdad présent sur place.

L’attaque a été commise à l’aide d’un camion piégé, qui a tenté en vain de pénétrer dans l’enceinte et a fini par exploser devant l’entrée principale du bâtiment de la police, a-t-il dit.

“Ces attaques sont un défi à l’encontre de l’Irak et du processus politique car les terroristes veulent montrer qu’ils sont toujours là au moment où les troupes américaines quittent l’Irak”, a-t-il souligné.

Il s’est dit “sûr qu’il existe un soutien étranger (à ces attaques) et qu’il y a des pays qui ne veulent pas le succès de l’Irak”, a-t-il ajouté.

Ces attaques interviennent alors que le nombre de violences commises dans le pays a décru ces derniers mois mais dans un contexte rendu instable par l’incertitude planant sur l’avenir des troupes américaines en Irak.

En vertu d’un accord signé avec les autorités irakiennes en 2008, les Etats-Unis doivent avoir retiré toutes leurs troupes encore présentes (environ 41.500 soldats) d’ici la fin de l’année. Mais Washington s’efforce d’obtenir le maintien après cette date d’un contingent limité de formateurs militaires.

Les négociations, en cours depuis des mois, semblent toutefois achopper sur la question de l’immunité que Washington réclame pour ses soldats et que Bagdad se refuse à accorder.

D’autres violences, dont plusieurs visant aussi les forces de l’ordre, se sont produites mercredi dans différents quartiers de Bagdad, faisant au total quatre morts et 26 blessés, ont indiqué les mêmes sources.

La plus importante, commise à l’aide d’une autre voiture piégée dans le quartier de Al-Ilam, au sud-ouest de Bagdad a fait trois morts et 11 blessés, dont des policiers.

Le président du Parlement irakien, Oussama al-Noujaifi, a condamné les attentats.

AFP

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